Les "nouveaux communs"...  (autour de St-Etienne...)

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* Janvier 2019 :

Préparation de la séance du mercredi 23/01, 18h-20h, au Bar de l'aube : (Atelier-débat et Synthèse) les COMMUNS (locaux)

I/ INTRO : Communs et transition, quoi de neuf ?

La conclusion de notre réunion du 24/10/2018 annonçait celle du 23/01 par la phrase : " Travailler sur 5 pistes de communs de proximité ne doit pas nous faire perdre de vue l’objectif « de second niveau » (plus global) de cette « fabrique de communs »." En effet, nous devons toujours nous demander en quoi notre réflexion et notre action sur les Communs nous aide à mieux percevoir la (les) "étape(s) suivante(s)" : avons-nous perçu des perspectives de "passage à l'échelle" ? de nouvelles raisons de croire en notre ambition de parvenir à "faire système" alternatif ?

En ce qui concerne la réflexion :

- Commençons par signaler cette "recherche action" documentée et ouverte en cours d'élaboration (sur un wiki des communs de la recherche) sur le thème "Quelle stratégie d’action politique pour l’effondrement ?", son intérêt est double :
    * Il fait le lien entre le contexte de cette crise écologique et la nécessité d'une autre conception de la propriété ...
    * Nous pourrions facilement en tirer une "charte des communs" si nous en avons besoin pour mieux fédérer les membres du CTC ou de la "communauté des communs locaux" souhaitant gagner en efficacité globale... (NB : Pour une lecture rapide, chacune des 3 parties -bien que synthétiques- se termine par un récapitulatif).
- A signaler aussi, cet article récent : JL Laville "La fin du néolibéralisme, et après ?" Libération le
14/12/2018
    *
Il fait le lien entre le contexte de cette crise économique et politique, et la nécessité d'organiser une résilience à base de circuits plus courts ... avec une autre conception de la propriété ...
-
Pour info, ajoutons un article moins récent de B. Coriat, qui a le mérite de répondre sur un point qui fait parfois polémique... mais sa réponse a le mérite de la clarté : la question du rapport Communs / Etat (ou plus généralement "pouvoirs publics) ... Voir "L’État et les communs peuvent-ils se revitaliser mutuellement ?"

    1) Les apports récents de Benjamin Coriat :

       a) Vidéo de sa conférence-débat : "L’entreprise, le numérique et le travail : communs et économie coopérative" du 7 novembre 2018, 18h, Amicale laïque de La Chaléassière à Saint-Etienne.
NB : Cette rencontre était organisée par un collectif citoyen rassemblant 5 organisations (Collectif Roosevelt, ATTAC, Cercle Condorcet, Groupe de réflexion stéphanois, À gauche autrement).



Bien que la "commande" focalisait nos préoccupations sur les enjeux du devenir de l'entreprise, du travail, et du "contrat social" à l'heure de la numérisation-marchandisation rampante de toutes nos activités, B.C. a sans doute estimé que ces préoccupations légitimes dépendaient de la question de fond des espoirs que nous pouvons placer ou non dans la perspective de gérer comme des Communs un bon nombre de biens et services stratégiques pour l'économie de demain ...
A ce jour, la propriété exclusive sur les connaissances, les données de toutes sortes, les solutions numériques, etc., continue de s'étendre avec les effets socialement et environnementalement explosifs que nous connaissons, notamment à l'occasion de la plateformisation des services au profit quasi exclisifs des géants opérateurs privés de ces réseaux de travailleurs précaires et d'usagers évaluateurs des "nouveaux travailleurs"... Mais une autre voie lui semble encore possible du fait que les initiatives concrètes se multiplient...
Du coup, le propos de B.C. aura consité à parcourir toutes les raisons de croire en cette perspective, de préservation des hommes et des ressources naturelles, par diverses réorganisations d'activités autour des principes des Communs ...

     b) Quant à la vidéo complémentaire avec le débat du même soir, B.C. n'a pas souhaité qu'elle soit publiée, mais elle est à notre disposition (de groupe de travail). C'est donc un accès vidéo avec mot de passe "Debat-B-Coriat-St-Etienne-7-11-2018", et le m.p. est communiqué oralement ... OK ?
     Ce débat aura tourné notamment autour des conditions à réunir pour qu'une telle perspective optimiste puisse se réaliser. Vient alors notamment la question du rôle des pouvoirs publics (nationaux et locaux), des politiques, et du rapport aux institutions que peuvent espérer les "commoners" ...
     Il est également revenu sur la question "continuité ou rupture" entre le mouvement coopératif et le mouvement des communs : la réponse est nuancée...

    c) Enregistrements audio ...
* D'abord, 2 éléments d'une série de 5 émissions de "Matières à penser" sur France-culture, fin novembre 2018, consacrées au thème "Dans un monde inégal, qu’avons-nous en commun ?"
        - Il se trouve que la 3ème, intitulée "Prendre les Communs au sérieux" (44 min) a été confiée à B. Coriat, et qu'on gagne encore beaucoup à l'écouter ...


Benjamin Coriat (économiste atterré, auteur de Vers une république des biens communs, LLL, 2018) y rappelle les 3 grandes sortes de biens communs (matériels -comme les forêts, les lacs ou des espaces urbains-, immatériels -comme les logiciels libres et les communs de la connaissance- , et globaux comme l'air, l'eau, le climat..., ces derniers, à la différence des précédents, n'étant pas gouvernés ou mal gouvernés). Il cite quelques faux amis : Google, Uber, où la relation n'est pas horizontale mais prédatrice. Les coopératives n'ont pas d'accès universel et incluent la relation salariale de subordination. Les communs peuvent refonder la res publica au profit du peuple, et ainsi enrichir la démocratie participative. Le partenariat Public/Commun permettrait de sortir du partenariat Public/Privé qui se fait surtout au bénéfice du privé. Des métropoles comme Barcelone, des Etats comme l’Équateur (et son bien vivir), des municipalités (128 villes italiennes mettant en place une charte des communs: voir par ex. ici). Autres modèles économiques cités: les SCIC (Sociétés coopératives d'intérêt collectif), et les supermarchés coopératifs.

        - A signaler aussi la 5ème, de la même série, intitulée "Environnement : rendez les Communs !" (44 min) qui a été confiée à D. Dron :


Dominique Dron (Ingénieure des Mines, auteure de Les communs environnementaux : gérer autrement la rareté) rappelle les trois faits historiques importants qui ont porté un coup fatal au développement des communs : les enclosures, la nuit du 4 Août 1789, et la publication de La tragédie des communs, de Garrett Hardin, PUF, 1968.
Elle dénonce un certain nombre d'inégalités environnementales, sources d'inégalités sociales, comme l'épuisement de la ressource halieutique (les poissons), qui est une crise typique du non-commun; le brevetage du vivant, qui permet à des multinationales de s'approprier des ressources alimentaires ; l'eau, qui devient une denrée rare et donc un bien commun rival...
Dans l'environnement, le commun est un pas de côté mental salvateur dès qu'une ressource n'est plus inépuisable...


* Ensuite, remarquons aussi, sur la même radio, début Janvier 2019, dans "Entendez-vous l'éco ?", la série "L'économie prend le pouvoir" dont la 2ème émission (sur 4) était intitulée "Le pouvoir aux salariés ?" (58 min) et a été confiée à T. Coutrot,  (auteur de "Libérer le travail", Seuil 2018).


Les économistes Thibault Le Texier (Démocratiser l'entreprise, Esprit n°442) et Thomas Coutrot (cofondateur des économistes atterrés, et auteur de Libérer le travail, Seuil, 2018), commencent par rappeler les grandes étapes de l'organisation du travail que furent le taylorisme et le fordisme (un taylorisme négocié...). Il y a eu des tentatives d'ouverture vers la prise en compte des "externalités négatives" (l'environnement...) et l'humain (l'ergonomie...) : bref la RSE. Puis il y a eu les différentes expériences de libération des entreprises et des salariés ("entreprise libérée", "entreprise démocratique", "travail collaboratif", "care", "bonheur au travail",...), malheureusement sans reproduction ni dans le temps ni dans l'espace, car toutes les expériences ont buté sur la question du pouvoir et du contrôle. Thomas Coutrot fait le constat d'un retour à une néo-taylorisation, et d'une corrélation forte entre le manque d'autonomie au travail et le désengagement civique. C'est pourquoi il pense qu'il est urgent de "libérer le travail", c-à-d de cesser d'abandonner au patronat et au management la question de l'émancipation dans et par le travail. Mais l'irruption de la sociocratie et de la holacratie dans une "entreprise auto-gouvernée" ne suffit pas pour sortir d'une logique de rentabilité et de profit et de la contradiction capital/travail. Pour cela il est nécessaire de considérer l'entreprise comme un bien commun (un commun productif) qui participe à la transition écologique et démocratique.

En prime : Travail collaboratif et communs, selon T. Coutrot (selon son ouvrage)
Pour clarifier les rapports conceptuels entre « communs » et « travail collaboratif », on peut dire que tout commun repose nécessairement sur du travail collaboratif, c’est-à-dire une coopération entre pairs. En revanche, tout travail collaboratif ne produit pas nécessairement un commun : beaucoup d’expériences n’ont pas perduré, échouant à définir (de façon collaborative !) les règles qui auraient permis de stabiliser un commun autour du projet. Elinor Ostrom a synthétisé ses travaux sur la gestion communautaire des ressources naturelles par huit « principes de conception » essentiels à cet égard. Hervé Le Crosnier, infatigable artisan de la cause des communs, les résume ainsi :
– des groupes aux frontières définies ;
– des règles régissant l’usage des biens collectifs qui répondent aux spécificités et besoins locaux ;
– la capacité des individus concernés à les modifier ;
– le respect de ces règles par les autorités extérieures ;
– le contrôle du respect des règles par la communauté ;
– l’existence d’un système effectif de sanctions graduées ;
– l’accès à des mécanismes de résolution des conflits peu coûteux ;
– la résolution des conflits et activités de gouvernance organisées en strates différentes et imbriquées.
De ces conditions, toutes cruciales, la dernière est la plus complexe : l’emboîtement des échelles de gouvernance (locale, régionale, etc.), dont la règle de subsidiarité ne donne que le principe général. Mais la troisième condition est sans doute la plus délicate : chaque membre doit avoir la capacité d’intervenir sur les décisions et sur les règles qui les organisent. C’est seulement ainsi que peut se déployer l’intelligence collective qui fournit aux communs leur capacité d’adaptation rapide aux changements internes et externes, comme on l’a déjà vu pour les entreprises autogouvernées : la démocratie est ici la condition de l’efficacité.
+ Le lien avec "l'entreprise autogouvernée" ...
...

    2) Les apports de Benoit Borrits :

B.B. Un mot sur le livre "Au-delà de la propriété" sous-titre "Pour une économie des communs".
La propriété privée (dans le capitalisme) et la propriété collective (dans le collectivisme) des entreprises ont conduit à des impasses... Quant au coopérativisme il a, jusqu'ici, échoué à transformer le système.
Cependant, le XXe siècle a été porteur d'innovations qui permettent d'envisager un effacement de la notion de propriété productive (au profit d'une autre organisation productive) : les cotisations sociales, car elles contestent le régime de la propriété par l'imposition de règles de distribution des revenus, et le financement des actifs des entreprises par endettement, car il ouvre la voie à la disparition des fonds propres...
Le prolongement de ces innovations permet de relativiser la notion de propriété et d'envisager que travailleurs et usagers d'une unité de production puissent avoir sur elle un droit de codirection. L'unité productive devient ainsi un commun à côté d'autres communs assurant des tâches de financement des actifs, de mutualisation des investissements, de redistribution et de péréquation des revenus...
C'est l'articulation de ces trois éléments de socialisation - gestion par les travailleurs avec présence des usagers (commun productif local), avec extension de la socialisation des rémunérations, et secteur financier socialisé (commun social à base géographique) - qui permet d'envisager la disparition de la propriété productive.


    3) "L'entreprise comme Commun" :  "L’Entreprise comme commun – Au-delà de la RSE" Swann Bommier, Cécile Renouard (Préface de Gaaêl Giraud) Éditions Charles-Leopold Mayer, 2018. Ouvrage en libre accès à partir de l'adresse : http://www.eclm.fr/ouvrage-394.html





La RSE n'est pas un cadre suffisamment contraignant pour assurer la durabilité environnementale (et sociale) de l'activité productive.
Une réelle maîtrise des impacts suppose que l’entreprise soit définie comme un commun par la démocratisation de sa gouvernance et par sa capacité à préserver des biens communs mondiaux matériels (climat, biodiversité, gestion des ressources naturelles) et immatériels (lien social, souveraineté populaire).
L’action de l’entreprise devra s’inscrire dans une démarche éthique capable d'inspirer une démocratisation radicale dans la gestion des tensions traversant toute société humaine. Il se trouve que P. Ricoeur a défini la démarche éthique comme la recherche de la vie bonne, avec et pour autrui, dans des institutions justes, et que cela correspond presqu'entièrement à la philosphie du « bien vivir » en Amérique latine...
Le programme de développement de "l’entreprise comme commun" proposé par les auteurs est ambitieux.
A contrario, les débats récents sur la loi PACTE montrent les difficultés pour imposer la notion d’entreprise comme commun !
Cette loi était censée redéfinir le capitalisme et d'abord la définition de l’entreprise pour qu'elle ne se borne plus à la notion de "société commerciale". Mais les pouvoirs publics n’ont pas souhaité remettre en cause la quête du profit comme seul horizon de l’entreprise.
Pourtant l'enjeu à (court) terme sera bien de mettre notre Code civil en phase avec la gestion des impacts de l'activité productive...
Pour l'instant, nous en sommes très loin, la loi PACTE n'aura produit qu'un ajout cosmétique à la responsabilité civile de l'entreprise en proposant cette seconde phrase : "Toute société doit avoir un objet licite et être constituée dans l'intérêt commun des associés. La société est gérée dans son intérêt social et en prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux de son activité."
Bref, tout reste à faire !...


    4) Du commun local ... au commun global (la question du "passage à l'échelle")
- "Communs urbains : des initiatives citoyennes nécessaires et en forte progression"
Entretien avec
Michel Bauwens, le 28/11/2017.
M. Bauwens constate qu'il y a une forte progression des communs en Europe et notamment dans la ville de Gand (x10 en 10 ans), pour laquelle il a écrit un plan de transition ; ces communs couvrent tous les domaines essentiels (alimentation, logement, mobilité), avec un État partenaire; face aux urgences climatique, énergétique et alimentaire, ce sont les communs qui peuvent sauver la situation.
- "Les communs : le modèle de “l’après” capitalisme libéral"
Myriam Bouré, le 17/09/2018
Le modèle des communs ne serait-il pas le modèle d’avenir, post capitalisme libéral, conjuguant performance économique, sociale et environnementale? Myriam Bouré, d'Open Food France (Open Food Network, logiciel libre à usage des opérateurs de circuits courts alimentaires), montre qu'il permet des économies d'échelles, un renouveau démocratique, et une moindre pression sur les ressources (elle cite notamment l'exemple d'Alterconso à Lyon, du réseau d'autopartage Citiz, et bien sûr d'Enercoop)
- Communs et développement : Ce qu'en disait Gaël Giraud (AFD) dès 2016 :

Le terrain de "l'aide au développement" est peut-être le meilleur pour une recherche appliquée sur l'avenir des économies durables puisque ces zones se trouvent dans l'obligation de "commencer par le monde d'après" puisque, souvent ces territoires sont soit démunis soit épuisés en ressources exploitables pour le reste du monde. De plus, elles souffrent de la surexploitation (de la ressource halieutique par exemple) de la part des autres puissances régionales.
Dans ces conditions, ni la régulation par la propriété privée exclusive et concurrentielle, ni la régulation par la propriété publique exclusive ne peuvent être préconisées.
Pas besoin de préconiser d'ailleurs : dans ces situations d'urgence, de plus en plus, les gens font ce qui est à leur portée pour survivre collectivement : ils s'organisent en communs, que ce soit de façon empirique ou suivant des "modèles" imitables...
Il reste aux ONG et aux pouvoirs publics la responsabilité de les accompagner, de faciliter ces démarches, de les multiplier, de les doter d'une plus grande cohérence globale...
- Sur le municipalisme :
...
On garde ça pour une prochaine séance ...
- Sur l'institutionnalisation d'un "coopérativisme ouvert" (M. Bauwens) :
...
On garde ça pour une prochaine séance ...


    5) Alternatives territoriales ? Par quel bout commencer ?
Bravo au collectif Alternatiba d'Aix-Marseille d'avoir produit, en ce début 2019, ce document de référence particulièrement bien fait et inspirant : Le Livret de propositions "Pour une métropole Aix Marseille Provence à la hauteur des enjeux climatiques". Il répertorie un ensemble de mesures ambitieuses, exemplaires, durables et solidaires pour changer le territoire.
https://alternatiba.eu/marseille/wp-content/uploads/sites/54/2019/01/AlterTerri_Propositions-PCAEM-AMP_v1.0.pdf
Bien entendu, il s'agit là d'un catalogue de propositions très détaillées au niveau des objectifs. Il manque presque tout le "comment" s'y prend-on pour les atteindre. Cependant on sait d'avance qu'on ne les atteindra pas dans une simple économie à base de propriété privé, de marchés, de concurrence, et d'investissements de capitaux avides de profits. Et on ne les atteindra pas non plus si on attend que les pouvoirs publics nationaux, régionaux, ou locaux, se dotent à la fois des moyens de financer tout ça et de la volonté politique d'étendre sans cesse le périmètre de l'économie publique et administrée. Et cela tombe bien puisque les citoyens ne croient plus en ces possibilités (bêtement capitalistes ou bureaucratiques) pour se porter à la hauteur des enjeux. Il s'ensuit que l'initiative sera nécessairement essentiellement citoyenne (par associations de personnes, sur un territoire, capables de convaincre les pouvoirs publics de faciliter leur réussite, dans un intérêt ouvert à tous les concernés). Autrement dit, on entrera dans une logique de communs ou ça ne se fera pas... Or cela commence effectivement à se faire ...

...

Passons maintenant à l'action :

II/ ATELIERS et synthèse du travail des 5 groupes :

1) Le Quartier St Roch ou « La rue en commun(s) » :

- Rappel d'adresse du Framapad : https://semestriel.framapad.org/p/rueencommun

- ...

 

2) Vers l’autonomie alimentaire sur un territoire (avec des communs urbains et ruraux) ? :

- Rappel d'adresse du Framapad : https://semestriel.framapad.org/p/communalim

- ...

3) Monnaie locale et nouveaux communs :

- Rappel d'adresse du Framapad : https://semestriel.framapad.org/p/communemonnaie

- ...

4) La Charité en commun(s) ? :

- Rappel d'adresse du Framapad : https://semestriel.framapad.org/p/chariteencommun

- ...

5) Le CTC42 comme « Commun des communs :

- Rappel d'adresse du Framapad : https://semestriel.framapad.org/p/ctc42encommun

- ...

* Février 2019 :

C.R. et suites de la séance du mercredi 6/02, 18h-20h, au Bar de l'aube :

Présent.e.s : Angélique F, Pauline F, Ana P, Nicole-Marie J., Nicole ..., Marie-Pierre M, Marie-Hélène B., Jean-François B, Pierre J, Daniel , Philippe C, Pierre ..., Joël M, Michel C, Bernard A.
Eccusé.e.s : Vincent B, Yann P, Ulysse H, ...

Le tour de table a fait apparaître un groupe de personnes convaincues de l'intérêt des principes d'une organisation en "nouveaux communs" pour affronter les grands défis de notre époque, du local au mondial, et motivées pour commencer à les appliquer au moyen d'un des 5 chantiers locaux que nous avons décider d'entreprendre et d'accompagner. Pas de distanciation entre préoccupations "théoriques" et "pratiques", plutôt un besoin de s'appuyer sur les unes pour consolider les autres, et se coordonner.
Pour commencer, la présentation des apports listés dans la partie supérieure de cette page a été très sélective et guidée par l'objectif de mieux cerner ce l'on attend des initiatives qui revendiquent une organisation "en communs". La bonne question qui en est logiquement sortie a été de nous faire
préciser la notion de "commun productif" : en quoi est-ce autre chose qu'une société coopérative par exemple ?

Cela nous a permis de recoller utilement les apports de B. Coriat (sur la définition en 3 éléments désormais bien connue), de T. Coutrot (sur son extrait "Travail collaboratif et communs" ci-dessus), de M. Bauwens (sur le "coopérativisme ouvert"), et de B. Borits (sur le "post-coopérativisme"...) notamment.
Mais on peut aussi comprendre la nécessité des "communs productifs" à travers l'actualité des fausses promesses de la "loi PACTE" actuellement en cours de finalisation comme un fourre-tout purement pro-business ! Et poutant, voici comment elle nous avait été "vendue" : "Objet social de l’entreprise : que va changer le projet de loi Pacte ?" ... En effet, tout le monde peut constater, de nos jours, le chaos résultant du fait que la grosse entreprise moderne ne puisse obéir qu'aux exigences de profit des actionnaires. Ce qui semblait une évidence néolibérale est en train de devenir une proposition indéfendable car les conséquence sociales et surtout environnementales (les externalités négatives, comme on dit) sont très clairement catastrophiques. Et le gadget facultatif de la RSE (responsabilité sociale et environnementale des entreprises) n'est pas à la hauteur du problème. Or l'idée de moraliser à temps les pratiques dominantes au moyen d'un simple marché du carbonne ou d'une simple taxe carbone mondialisable n'est plus réellement crédible. On est alors bien obligé de se demander s'il ne faudrait pas que la loi oblige les entreprises à faire entrer dans les conseils d'administration des représentants des intérêts des travailleurs, des consommateurs, des usagers, et de l'environnement nécessaire à la préservation des ressources vitales... Voila une si bonne question que le ministre B. Le Maire a -un moment- voulu faire croire qu'elle pourrait faire partie de la problématique de la loi PACTE. Quand on voit ce qu'elle est devenue on ne peut qu'être consterné. Mais, ce que nous dit cet acte manqué, c'est que l'intelligence humaine ne devrait plus pouvoir envisager l'avenir de l'entreprise autrement que sous la forme jurique d'un "commun productif". Hélas, le business qui nous gouverne n'est pas prêt à devenir intelligent. Et c'est donc aux citoyens d'apprendre à remplacer les "entreprises prédatrices" inréformables par de vrais "communs productifs" !...

Tel est le projet du néo ou post coopérativisme ouvert.
Le coopérativisme ancien s'était préoccupé de rendre la gouvernance d'entreprises, soit aux travailleurs (SCOP), soit aux comsommateurs (COOP), soit aux usagers (mutuelles). Mais la fragilité alternative de tels "communs partiels" (dans un monde toujours aussi dominé par la concurrence) a été évidente, et leur "différence" a tantôt disparu et tantôt été réduite à pas grand chose...
En 2001, un nouveau statut coopératif est apparu, celui de SCIC (Socité coopérative d'intérêt collectif), qui veut que l'objet de l'entreprise soit la satisfaction d'un bon nombre de partenaires internes et externes. La CAE (Coopérative d’activité et d’emploi), est un autre modèle de coopérative, ou plutôt une entreprise partagée qui regroupe des services mutuamisés par un ensemble d’entreprises d’un territoire (cf. la CAE Talents croisés dans l’Ondaine). La première serait apparue en 1995 à Lyon, mais c'est surtout avec la Loi Hamon de 2014 sur l'ESS que ce statut de SCIC et celui de la CAE ont été valorisés. Et on a incité les SCIC à travailler en réseau (plateforme collaborative de SCIC), ce qui est une incitation à penser un "passage à l'échelle"...
Mais un instrument juridique compatible avec la notion de commun productif ne dit encore rien sur toutes les conditions à réunir pour que le néo-post-coopérativisme ouvert devienne une "économie des communs" conquérante !  Cette question n'est pas encore totalement résolue même si elle fait l'objet de diverses recherches plus ou moins appliquées (notamment de la part de M. Bauwens...).

On peut déjà dire que les communs associatifs et productifs locaux devraient, à la fois travailler dans un esprit coopératif local et travailler à "faire système" avec d'autres sur un périmètre territorial cohérent, lui-même emboitable dans d'autres... Cette plateformisation des communs locaux devrait permettre de penser simultanément, l'organisation particulière en commun, et plus large en commun de communs. Gagner en autonomie et en coopération vont de pair, il faudrait le prévoir dans l'organisation économique, avec des notions telles que le fonds commun de développement et la chambre des communs, et dans l'organisation politique avec des notions d'assemblée de communs et de pouvoirs publics partenaires des communs...
Ce qui est remarquable, à St-Etienne, c'est que l'un de "nos" chantiers a  imaginé la mise en œuvre de tous ces principes : c'est le chantier de la "monnaie locale en commun" qui, autour de son volet "crédit mutualisé" a une ambition de développement de communs productifs fortement coordonnés !

En conclusion-transition de cette partie "théorique", remarquons bien la forte complémentarité potentielle entre nos 5 chantiers : 1) St Roch (et au delà) en "communs jardinés" ;  2) Vers l’autonomie alimentaire sur un territoire ; 3) La Charité comme exemple de lutte pour gérer en communs des espaces publics "privatisables" ; 4) Monnaie locale et nouveaux communs fortement coordonnés ; 5) Le CTC42 comme "Commun des communs" !...


Passons leur la parole pour voir ce qui avance et qui mérite d'être un levier prioritaire, surtout si nous avons maintenant bien conscience d'oeuvrer tous dans le même sens !

1) St Roch (et au delà) en "communs jardinés" : Pauline a présenté les fortes avancées de ce groupe dynamique, notamment à partir de leurs travaux déposés sur leur Framapad : https://semestriel.framapad.org/p/rueencommun . Il ressort que ce groupe a, à la fois des ambitions à court terme puisqu'il s'agit de réussir un démonstration dont le temps fort sera les 4 et 5 Mai 2019, et des ambitions de "passage à l'échelle", pas seulement au moyen de la sensibilisation des gens des quartiers, mais aussi voire surtout au moyen d'un démarchage des instances de décision des destins des espaces publics aménageables dans notre ville !
En mettant les choses au mieux, acquérir du savoir faire et du savoir coordonner dans la mise en cultures de nouveaux espaces exploitables en communs permettrait d'étendre à la fois une philosophie et des solutions pratiques susceptibles de progresser vers les idées d'autonomisation alimentaire des territoires, qui sont l'objectif du chantier 2) !...
Nous sommes sollicités pour aider à plusieurs étapes de cette perspective, et tant mieux si tel est le levier par lequel on peut tenter de tout pousser... A suivre donc !
A noter qu’à côté du Bar de l’Aube,  le 17 rue de la Mulatière est un tiers-lieu qui peut accueillir les rencontres des personnes intéressées par ces thèmes, et notamment l’auto-organisation des espaces publics par des habitants autonomes...

2) Vers l’autonomie alimentaire sur un territoire : Ce groupe a fait au départ un travail très documenté, avec des projets concernant, lui aussi, des espaces à cultiver "en communs" dynamisables par un projet complémentaire (mais pas seulement maraicher) d'épicerie sociale itinérante. Un projet à la fois ambitieux et complexe donc, qui supposerait un gros investissement en temps de travail de prospection et d'organisation, qui a un moment été envisagé, avant un moment de doute sur la meilleure affectation de cet effort, sachant que les plus actifs sont aussi fortement engagés dans le chantier 3) !... Or ces plus actifs étaient absents ce soir. Donc pas possible de préciser si le chantier 2 est "en stand by" ou sensible aux encouragement du chantier 1) qui voudrait bien le garder en ligne de mire pour une étape ultérieure ...

3) Monnaie locale et nouveaux communs fortement coordonnés: Comme on vient de le préciser, les plus actifs de ce groupe étaient absents ce soir. Nous avons tout de même évoqués ses pistes qui, justement, nous sont apparues comme ayant été imaginées "spontanément" en conformité avec les principes de recherches avancées sur ce que devrait organiser une "économie des communs" sur un territoire assez large permettant de vivre des communs ! Là encore, nous avons donc un chantier exemplaire et complémentaire voire même fédérateur de tous les autres ! Nous allons donc suivre ses avancées en parallèle avec les avancées des autres chantiers...

4) La Charité en communs : Hélas, là aussi, les plus actifs de ce groupe étaient absents ce soir. Mais nous avons la confirmation qu'ils n'ont pas du tout abandonné l'affaire. Il faut suivre l'affaire "La Charité" mais il faut suivre en parallèle les autres projets de rénovation urbaine de St-Etienne puisque d'autres espaces (publics ou non) sont susceptible de se "libérer" devant des promoteurs privés alors que la ville peut toujours exercer son droit de préemption pour peu qu'elle ait un projet public ... ou que des citoyens portent un projet de Commun convaincant !... En effet, la Charité nous intéresse en elle-même et comme exemple de lutte pour gérer en communs des espaces publics "privatisables"... A suivre donc !

5) Le CTC42 comme "Commun des communs" : Nous avons eu peu de temps pour expliquer les projets du CTC42 à ce sujet. L'essentiel est déjà posé ici : https://semestriel.framapad.org/p/ctc42encommun. Nous comptons bien sur une série d'entretiens avec les responsables des 55 organismes membres du CTC42 pour repartir de leur conception de la Transition pour mieux penser les services partageables et les synergies possibles. Mais tant mieux si, plus rapidement, l'un des chantiers précédent compte sur notre coordination pour franchir une étape qui puisse intéresser à la fois d'autres chantiers et des partenaires membres du collectif... La dimension partenariat public-communs pourrait aussi apparaitre plus tôt que prévu dans nos tâches à entreprendre...

Dans les questions diverses, mentionons :

- signalée par Nicole-Marie, et pouvant se raccrocher au thème de l’autonomie alimentaire en circuit court,la carpe du Forez, importée de la Dombes par la fédération des chasseurs (sic) de la Réserve de Biterne, haut-lieu du patrimoine naturel local; cf. http://www.maisondesetangsduforez.com/

- les communs et la politique : pourquoi ne pas imaginer, dans l’esprit du municipalisme, et à l’instar du projet Barcelona en comú, un projet Saint-Etienne en commun ?

- une possibilité de financement par la Fondation de France, pour des projets comme La Ferme des possibles, basée à Chambœuf (l’association-support de ce projet, Le Treuil, est le 56ème adhérent du CTC42) ; projet à consulter ici : www.letreuil.fr



* Avril 2019 :

Préparation de la séance du jeudi 11/04, 18h-20h, au PDM : auto-formation, travaux pratiques des groupes, et perspectives, pour les COMMUNS locaux ...

I/ Un point sur les avancées sur le "front des communs" en France (et ailleurs)

    1) La multiplication des tiers-lieux : vers des communs productifs ?

       Une présentation (par B.A.) de l'ouvrage : "Makers : Les laboratoires du changement social" (Seuil 2018)...

Makers

... Où il est question de l'émergence de nouveaux espaces de fabrication...

Grâce à l'imprimante 3D, la face technologique de ce mouvement est maintenant bien connue du grand public. Les fab labs, hackerspaces, makerspaces…permettent l'expérimentation de formes inédites de fabrication par soi-même (ou Do It Yourself) inspirées par un principe de libre accès aux outils et aux savoirs, en particulier aux technologies de fabrication numérique. Mais ce qui s’expérimente dans ces espaces va bien au-delà. Les makers sont aussi à l’origine d’un mouvement culturel de démocratisation par la pratique, des manières de faire, de produire, de consommer et d’apprendre.

Les trois chercheurs interrogent les filiations de ce mouvement qui plonge ses racines dans un passé bien antérieur au numérique, mais aussi sa capacité à mettre à l’épreuve les fondements de nos institutions et in fine son pouvoir de transformation sociale.

   
  2) Entre "l'alternative du commun" et "vers une nouvelle économie des communs", le débat continue, plutôt fructueusement ...

       A) A propos de "L'alternative du commun" (Hermann 2019) : dans la lignée "Dardot Laval" ...

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... Où il est question de principes stratégiques pour une alternative au capitalisme ...

Ces dernières années, on observe dans les pratiques comme dans les réflexions théoriques une véritable «  explosion  » du thème du «  commun  », devenu une référence centrale pour de multiples foyers d’expérimentations politiques et économiques (mouvements altermondialistes et écologistes, défense des services publics, résistances paysannes, coopératives, expérimentations numériques collectives).
Avec une vitesse rare pour une notion nouvelle, le commun s’est mondialement imposé en tant que grand concept politique de ce début de XXIe siècle. Il admet pourtant des acceptions fort différentes, parfois contradictoires.
Cet ouvrage, issu d’un colloque de Cerisy, est consacré aux enquêtes et terrains permettant d’éclairer les enjeux théoriques, pratiques et historiques de ce concept, ainsi qu’aux propositions stratégiques qui en font aujourd’hui le principe de l’alternative au capitalisme.

Ce qui distingue cette approche "Dardot-Laval" de l'approche "Coriat-Bauwens" c'est leur attachement au "Commun" au singulier, justement défini comme principe organisationnel systémique et total. En somme, le commun serait un concept de poids équivalent à celui de capitalisme ou de communisme, dont il se distingue bien évidemment... Pour l'articulation des notions, ils disent que "le commun comme principe politique, les communs comme expérimentations institutionnelles qui mettent en oeuvre le principe du commun, la société du commun ou, si l'on veut, "le communisme des communs" comme projet ... doivent s'articuler pour donner son sens à la stratégie du commun". Bon, pourquoi pas ; mais voici la conséquence sur leur rapport à l'Etat actuel (Etat bourgeois car conçu sur le modèle institutionnel qui a placé la propriété privée au sommet et à la source de la hiérarchie des droits). Ils estiment que cet Etat a une "logique propriétaire qu'il faut s'employer à contrer et à affaiblir au moyen d'institutions d'auto-gouvernement"...
C'est donc surtout ce rapport de défiance un peu radicale vis a vis de l'Etat actuel qui les distingue de Coriat et Bauwens qui croient plutôt utile et nécessaire de subvertir l'Etat actuel (et les institutions publiques locales) pour en faire (non sans tensions) des foyers institutionnels au service des communs...
De façon pragmatique, quand on tente de faire feu de tout bois, n'est-on pas presqu'automatiquement dans l'action innovante et dans la tension politique pour faire reconnaître institutionnellement la valeur de son projet ? Voila sans doute de quoi réconcilier ces deux approches, du point de vue du "commoner". Et ce dernier est d'autant moins naïf qu'il peut comprendre (par la lecture et l'expérience) à quel type de résistance structurelle il se confronte...
Retenons tout de même que cette approche nous met en garde par exemple sur notre tendance à nous contenter de "eau service public" comme d'un équivalent simplement plus pratique à "eau service commun". Attention, ce n'est pas spontanément le même enjeu d'émancipation...
   
       B) Vers une nouvelle économie des communs ? : dans la lignée "Coriat Bauwens" ...

    - D'abord un mot sur le prochain séminaire (ce 17 avril à Paris) : "Entreprendre en communs" ... : Tout un programmme... En attendant de disposer des documents (vidéos ou écrits) qui seront produits à cette occasion ...

    - En fait, toute recherche sérieuse sur l'économie de l'entreprise aujourd'hui est plus ou moins obligée de s'interroger sur la légitimité de la gouvernance "actionnariale" qui, dans notre monde fini, mène de façon de plus en plus répétée au désastre social et écologique... Ces réflexions conduisent plus souvent à des propositions timidement réformistes que révolutionnaires, mais les fausses solutions (dans le sens d'une gouvernance "partenariale" au rabais) ne balisent-elles pas le chemin vers les vraies ?... Exemples :


Le pôle de recherche "Gouvernement, participation et mission de l’entreprise" du Collège des Bernardins (avec MINES ParisTech) a récemment publié (Hermann, octobre 2018) les résultat d'un long programme, qui s'est déroulé de 2009 à 2018, mais qui n'a que récemment trouvé une audience très amplifiée. (Notamment depuis que la recherche juridique américaine s'est préoccupée de penser les contours d'un nouveau statut souhaitable pour une : "entreprise à mission")...
Du coup, le modernisme verbal du macronisme a pu faire mine de s'en saisir lors des effets d'annonce de la loi PACTE ... qui n'en aura finalement rien gardé... Mais ce qui n'a pas été fait reste donc à faire !...
- Dans cette vidéo, une chercheuse de cette équipe (Blanche Segrestin) présente ces travaux en une vingtaine de minutes. Si on a peu de temps, on peut commencer à écouter à partir de la minute 11...
- Plus rapide encore : Voici (en 4 p. PDF) une présentation synthétique de cette réflexion d'avenir ...
En deux mots, l'unité productive doit changer d'une part ses "normes de  constitution" (principe de codétermination, dans sa gouvernance), et ses "normes de gestion" (principe de mission, évaluable par une autre batterie d'indicateurs comptables). Il s'agit ainsi de passer d'un intérêt privé et exclusif à un intérêt commun et inclusif, ainsi que d'un rapport à l'autre et au monde moins compétitif et plus coopératif...
Bref, encore un effort de clarification et il faudra bien se demander, avec M. Bauwens, si le mot "entreprise" reste le plus adéquat pour désigner cette nouvelle forme d'unité productive... Nous proposerions volontiers "commun productif" pour ce dispositif qualifié par ailleurs, par M. Bauwens, "d'entredonneurial" plutôt que d'entreprenarial (notamment dans ce texte)...

    - Vers un prolongement-amplification dès le mois de Mai prochain ? D'un colloque de Cerisy à l'autre ... Nous avons parlé du précédent ("très Dardot"), et du très prochain séminaire "très Coriat" (et rappelons au passage que "Vers une république des biens communs ?" a été écrit à la suite d'un colloque de Cerisy de 2016), le prochain Cerisy sera très réformiste mais en espérant parvenir à subvertir les institutions (comme le suggère M. Bauwens). Il sera intitulé "Entreprise, responsabilité et civilisation : un nouveau cycle est-il possible ?" et son programme est en page 2 de ce bulletin d'inscription. B. Segrestin en sera co-organisatrice et le centrage reste sur l'entreprise mais l'ambition "systémique" y sera plus affirmée...
Pour info, ces approches sont également présentes dans plusieurs ouvrages récents comme "Quelles normes comptables pour une société du commun ?" et "Petit traité d’œconomie" (téléchargeable en PDF) ...
De plus, le 14 mai à Paris, nouvelle journée de rencontres et d'études "Communs mondiaux et pratiques de transition. Les échelles de l’engagement en question". Là aussi on espère récupérer un écho (documents ou vidéos) des travaux...

    - "Vers des entreprises et un capitalisme à visage humain" ?...



Bien entendu, quand on assiste à une telle amorce de "révolution culturelle", les communicants du "social business" et les lobbies survitaminés à la nov-langue du "green-social-washing" sont sur la brèche.
 
Cette vidéo de Xerfi-canal nous en fait une bonne synthèse, et il ne faut pas manquer sa conclusion pour savoir à quoi s'en tenir...

    - Vers un festival de pistes de fabrique de nouveaux communs urbains et productifs avec le "Livret de propositions Alternatives Territoriales Métropole" d'Alternatiba Aix-Marseille ... Bien entendu, cela ne manque pas de nous donner des envies de dynamique "municipaliste" pour notre ville, mais nous n'en sommes pas là ...
Néanmoins, nous allons suivre de près l'initiative nationale du CTC dans la perspectives des municipales 2020. Il s'agira de faire s'engager les listes de candidat.e.s sur la signature préalable du "nouveau pacte pour la transition" !... A suivre donc ...
Sans doute faudrait-il mener de front une veille sur les initiatives concrètes, et une veille sur les théorisations plus ou moins prudentes qu'on peut en faire. Le "modèle" du municipalisme répond à bon nombre de nos préoccupations, comme on peut le voir au travers de cette vidéo du mouvement Utopia (fin 2018) et ce diaporama de formation proposé par Alternatiba. Mais de nombreux problèmes de coordination aux différentes échelles politiques, du local au global, restent entiers comme le souligne par exemple B. Borritz dans cette critique (pertinente) du "municipalisme libertaire" (fin 2017)...

3) Un point rapide sur nos cinq chantiers de "communs" ?...

... Sans oublier les nouvelles pistes et notamment :
- la campagne CTC "nouveau pacte pour la Transition"
- une associaciation avec le projet de "Eau services publics"
- une associaciation avec le projet de C2L2 "sur les alternatives au fonctionnement d’une commune"
... dans la perspective de la qinzaine des possibles...
... Au delà : dans le cadre de la résistance à l'aarivée de "l'atelierGoogle" à St-Etienne, parviendrons nous à agir pour "D’autres plateformes sont possibles : la piste coopérative" ?
Etc...

Enfin, ce n'est pas dans nos chantiers mais ça peut être inspirant (en plus du livret d'Alternatiba Aix-Marseille) :
- https://encommun.eco/actualites/nouveau-flyer-pour-terre-en-commun

II/ Préparation des "48h de l'agriculture urbaine"

C'est le WE des 4 et 5 Mai, avec "Jardinons Saint Roch" devenue "Jardinons collectif" : animations (et communications) à consolider...
Le flyer en cours de diffusion est ici : http://cac42.free.fr/Projet/Communs/FLYER-Jardinons.pdf . Et l'affiche correspondante est ici : http://cac42.free.fr/Projet/Communs/190403_AFFICHE-A3-V2.pdf

...

III/ Préparation de la fête annuelle du CTC "Quinzaine des possibles"

C'est la seconde quinzaine de septembre. Le thème devrait être "St-Etienne en communs, c'est possible..."
Cela doit se co-construire autour des acteurs impliqués dans une démarche inclusive, d'abord vis àvis de tous les membres et partenaires du CTC-42, ensuite vis à vis du "grand public"...
Qui pourra s'engager à quoi et selon quel calendrier ?...

...


Réunion suivante
: Nous avons retenu le principe de la poursuite autonome du travail des chantiers et d'une prochaine assemblée plénière "Fabrique des communs" en début Juin, au moyen du Framadate suivant :  A RENSEIGNER TOUT DE SUITE, comme ça on se décide très vite, on le note, et on n'en parle plus (avant le rappel).

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